Benoit Hamon, député européen (PS), pointe la
« faillite morale » des hommes de gauche entrés au gouvernement.
LE FIGARO. - Que vous inspire la volonté de Nicolas Sarkozy de poursuivre l'ouverture ?
Benoît HAMON. - Dès que ça commence à aller moins bien, et à l'évidence la politique du gouvernement rencontre des difficultés, on se tourne vers l'ouverture comme instrument de diversion, comme arme pour déstabiliser l'opposition. Mais si la gauche a pu être déstabilisée dans le passé, elle ne l'est plus aujourd'hui. Je ne crois pas que la faillite morale de quelques individus signifie la faillite collective du PS.
N'est-ce pas le signe que beaucoup de socialistes ne croient plus le parti capable de se rénover ?
Que certains, au crépuscule de leur vie politique, n'y croient plus, c'est leur responsabilité. Cela ne nous empêchera pas de continuer à reconstruire le PS.
Ne peut-on pas y voir la fin de l'affrontement bloc contre bloc ?
J'acquiescerais volontiers à cette idée si je pouvais discerner dans la politique de Nicolas Sarkozy des choix qui s'apparentent à des choix de gauche. En matière économique et sociale comme en politique étrangère, je ne distingue rien qui puisse me faire penser qu'il a emprunté au patrimoine intellectuel de la gauche, si ce n'est dans ses discours.
Quel est, selon vous, l'apport des ministres d'ouverture ?
Ce sont de bien pâles figurants. À quoi servent-ils, à part participer à un casting fait par Nicolas Sarkozy pour mettre en scène sa politique ? Ont-ils adouci la politique de l'immigration ? Ont-ils contribué à ce qu'il y ait une hausse du pouvoir d'achat des ménages plutôt que des cadeaux fiscaux aux plus privilégiés ?
Sarkozy ne favorise-t-il pas la reconstruction du PS ?
Il est tellement omnipotent et omniscient qu'on lui attribuera bientôt le salut de la gauche ! N'allons pas chercher les vertus d'un « grand dessein » là où il n'y a que des manoeuvres.
On parle de Jack Lang, de Manuel Valls et de Julien Dray.
Si Lang devait collaborer à la politique de Sarkozy, je le regretterais comme beaucoup d'hommes et de femmes de gauche. Quant à Valls et Dray, leur nom a été jeté en pâture par l'Élysée. Ils ont eux-mêmes démenti ces rumeurs qui leur nuisent plus qu'autre chose.




"Il ne peut y avoir qu'une
seule ligne politique: celle que le peuple a choisie": en faisant la leçon mercredi soir aux parlementaires de sa majorité, UMP et Nouveau centre en direct à la télévision, le chef de l'Etat a
reconnu implicitement les flottements qui ont agité son camp.
Thierry Breton, interrogé par l’AMF : « nous avons conclu après cette réunion qu’EADS allait traverser une zone de turbulences et
qu'en conséquence, il était opportun pour l'État de profiter de la valorisation du titre de l'époque qui n'intégrait que les nouvelles positives de l'exercice écoulé et de proposer au ministre
une cession partielle de la participation de l'État".
Interrogée
sur le sujet par le socialiste Henri Emmanuelli, la ministre de l’Economie a confirmé mercredi à l’Assemblée les déclarations de Thierry Breton, assurant que "l’Etat n’a jamais vendu une seule
action" du groupe aéronautique. Christine Lagarde a donc rejeté l’idée d’un délit d’initié au sein de l’Etat. Elle a aussi rappelé que l’Etat ne souhaite pas se désengager d’EADS, considéré comme
une participation "stratégique".





Après une brève visite à Bologne dimanche dernier pour la "Fête de l'Unita" organisée par le Parti démocrate italien, l'ex-candidate à l'Elysée effectue
la semaine prochaine au Québec son premier grand déplacement à l'étranger depuis sa défaite de mai.
Très
intéressant le sondage CSA publié hier dans "La Tribune". L’institut de sondage a demandé à un millier de français ce que devraient être les priorités du gouvernement. Il
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