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Article du Courrier des Maires - Septembre 2009
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Article du Courrier des Maires - Septembre 2009

La députée des Deux-Sèvres Delphine Batho, proche de Ségolène Royal, a appelé aujourd'hui Martine Aubry à rompre son "silence gêné"
sur l'ouvrage "Hold-uPS, arnaques et trahisons", qui a relancé la polémique sur des fraudes présumées lors de son élection à la tête du parti.
"Après la publication" de ce livre "à la base, la colère des militants est beaucoup plus forte qu'on ne veut bien le dire", affirme Mme Batho dans un
communiqué.
"Le silence gêné de Martine Aubry ne peut plus durer", ajoute-t-elle.
Selon elle, "la politique de l'autruche pratiquée par la direction s'apparente à la politique du pire pour la crédibilité de notre parti".
"Comment allons-nous convaincre les adhérents de venir voter, comment allons-nous demain faire campagne électorale, associer les citoyens à la construction d'un projet, défendre avec force nos
idéaux démocratiques, si nous laissons dire sans réagir que le PS est un parti de tricheurs?", demande-t-elle.
"J'espère sincèrement que Martine Aubry se saisira de la réunion à laquelle elle participe" mardi soir à Angoulême "pour répondre enfin de façon sérieuse à cette situation et prendre la seule
décision qui s'impose, à savoir punir les tricheurs si les faits évoqués dans ce livre sont vrais, ou bien l'attaquer en diffamation si ce qu'il dit est faux".
Mme Royal avait formulé les mêmes exigences la semaine dernière. Interrogée à ce sujet à Angoulême, Mme Aubry a affirmé : "Ce n'est pas terminé", assurant qu'elle en dirait plus le moment venu.
De leur côté, cinq dirigeants du parti, mis en cause dans l'ouvrage, ont proposé une "confrontation" avec les deux auteurs, qui ont rejeté l'offre.
Les élus corrompus sauvés par le PS?
Mais quelle mouche a donc piqué le député PS Jean-Jacques Urvoas, bûcheur invétéré, d'habitude producteur d'amendements irréprochables, visant à renforcer les pouvoirs du Parlement ou les droits des prisonniers? Au cours de l'examen du projet de loi pénitentiaire (qui s'est déroulé du 15 au 19 septembre à l'Assemblée), il a fait voter un amendement qui semble tricoté «sur-mesure» pour les élus coupables d'infractions financières. Son texte abroge en effet l'article L.7 du code électoral, qui rend inéligibles pour 5 ans les personnes condamnées pour corruption, prise illégale d'intérêts ou trafic d'influence, et prévoit leur radiation automatique des listes électorales.
«C'est une régression sans précédent!», pointe Thomas Clay, doyen de la faculté de droit de Versailles, qui a sonné l'alerte dans une tribune publiée lundi sur Mediapart. L'universitaire, président du club «Droits, justice et sécurités», révolté qu'une telle réforme soit passée sans l'ombre d'un débat en commission des lois, dénonce une «amnistie» insupportable.
Au groupe socialiste, où l'on découvre le «morceau», certains s'interrogent sur les motivations cachées de cet amendement: «C'est suspect, glisse un collaborateur, sous couvert d'anonymat. Les gens se demandent forcément à qui profite le crime...» Et de pointer le «cas Julien Dray»... Qui n'a cependant pas grand-chose à voir, puisque le député de l'Essonne risque un procès pour abus de confiance uniquement.
Lundi soir, Jean-Jacques Urvoas exprimait son «désarroi» et plaidait sa bonne foi, affirmant que son amendement lui avait été inspiré par «un article de la Revue pénitentiaire rédigé par un professeur de droit de Lyon». Dans son esprit, il s'agissait de résoudre la contradiction entre l'article L.7 du code électoral (prévoyant une radiation automatique des listes pour 5 ans) et le code pénal, qui permet aux juges de prononcer des peines d'inéligibilité avec une marge d'appréciation importante (afin de respecter le principe fondamental d'«individualisation des peines», soit d'adaptation aux particularités d'un dossier).
Cette incohérence juridique avait éclaté au grand jour en 2004, lorsque Alain Juppé avait été condamné pour «prise illégale d'intérêts» dans l'affaire des emplois fictifs du RPR: le tribunal de première instance s'était bien appuyé sur l'article L.7 du code électoral, mais la cour d'appel de Versailles l'avait ensuite balayé pour prononcer une «petite» année d'inéligibilité sur la base du code pénal....
Petit à petit les masques tombent. Les deux derniers exemples en date sont les conséquences de certaines lois votées le plus rapidement possible et dont les effets ne se font pas attendre… Après le sauvetage in-extremis de la Scientologie, voilà que la suppression du juge d’instruction va permettre de blanchir les acteurs des « biens mal acquis ».
Lorsque le gouvernement sort de son chapeau une nouvelle réforme, de nombreux contradicteurs émettent régulièrement leurs objections, et certains spécialistes semblent parfois à même de prouver les potentielles conséquences de certaines lois. D’autres s’interrogent aussi sur la rapidité avec laquelle elles sont votées puis mises en oeuvre, et dans quel but réel.
Les uns sont présentés comme des contestataires, et les autres comme les suppôts des conspirationnistes… Mais si les deux avaient raison ?
Car pour les premiers, ils critiquent les dangers que représentent certaines réformes, et les seconds ne
voient dans les actions du gouvernement qu’une tentative de tromperie organisée.
Mais les lois liberticides qui sont petit à petit instaurées tournent en boucle avec la tromperie : certains tentent pour contester une voie qu’ils croient encore démocratique, et
utilisent pour ce faire les outils à leur disposition. Le gouvernement peut donc parfois se retrouver en conflit avec un lobby puissant tel que la scientologie, par le biais d’un procès de
contestataires par exemple…Pour ne pas avoir à affronter de tels procès, il faut donc au gouvernement modifier la légalité, et parfois il faut faire vite. La contestation se fait ensuite plus
vive, et oblige peu à peu ce dernier à adopter de plus en plus de lois liberticides…
Le gouvernement se trouve donc acculé à aller toujours plus vite, et toujours plus fort. Au fur et à mesure que les injustices les plus flagrantes sont découvertes, les uns et les autres se rendent compte dans les faits de l’entourloupe dont ils ont été victimes.
La loi Hadopi va à terme empêcher la contestation démocratique, et en même temps sans doute permettre de protéger les propagandistes gouvernementaux, par un article de loi voté en catimini à l’intérieur de celle-ci, et nous n’y aurons vu que du feu.
Le bouclier fiscal censé soutenir la consommation et la fiscalité nationales sont le moyen pour les riches de conserver leur argent, l’aide aux banques la possibilité de continuer à faire travailler plus cet argent, pour gagner plus.
La politique est à l’image du Parti socialiste, une vaste tromperie organisée : comme le Patriot Act américain a été le moyen de supprimer de nombreuses libertés aux citoyens en offrant de plus grands pouvoirs aux dirigeants, comme la crise a été le moyen de supprimer des postes tout en justifiant l’annulation de la taxe professionnelle, comme la grippe A est le moyen de tenir la population sous une surveillance accrue, on envisage peu à peu l’objectif du gouvernement : nous asservir toujours un peu plus, d’une part pour que nous ne puissions plus contester, d’une autre pour cacher au peuple l’enfer économique et social dans lequel ils nous ont plongé.
Des scandales il y en aura bien encore, mais ils seront bientôt tous protégés par la Loi, et il sera impossible de juger les responsables par les voies légales… ceux qui utiliseront les autres seront les futures victimes des nouvelles réformes qu’ils auront contribué à justifier, et profiteront les premiers des nouvelles dispositions de la nouvelle loi sur les prisons…
Et avec un peu de chance, les responsables de ces réformes que nous réussirons encore à attraper auront pris soin de se protéger eux-mêmes des conséquences de leurs lois, et disposeront peut-être d’une prison en or, ou d’une immunité qu’ils auront subrepticement voté en même temps…

Il est curieux de constater combien chaque sortie de Ségolène Royal peut susciter de réactions et surtout de controverses. Est-elle utile au PS ? Ses appuis la délaissent-elle ? L'on en finit plus de gloser là où devrait s'imposer un constat simple : Ségolène Royal constitue par sa ténacité, sa détermination, son énergie et sa réactivité « une force qui va »!
Et plutôt que de chercher à l'affaiblir ou à peser ses soutiens au trébuchet, ne vaudrait-il pas mieux lui reconnaître toute sa place et le rôle irremplaçable qui est le sien ? Le moment n'est-il pas venu d'additionner nos forces plutôt que de chercher à affaiblir quiconque en témoigne ? La publication d'un livre récent a fait trop de mal à notre crédibilité collective pour que nous continuions à alimenter la chronique des faits divers.
Ségolène Royal, ce week-end, a fait de la politique : elle a parlé d'avenir et c'est en cela qu'il faut l'aider ! Elle a proposé de dépasser le PS, ce que seuls pourront permettre des Assises de l'Alternative que je réclame sans désemparer depuis un an ! Appliquons-nous une règle simple : écartons les « malins », les faiseurs d'embrouille professionnels, ceux qui ont depuis longtemps confondu la fin et les moyens ! Et apportons notre appui à celles et ceux qui se sont remis en mouvement : à ce titre je réaffirme à Ségolène Royal tout mon soutien !
Source : Le Blog de Gaëtan Gorce
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« Cette fois, on touche le fond ». Voilà bien le genre d’expression qu’il faut surtout se garder d’utiliser lorsqu’on évoque le parti socialiste. Et le spectacle assez exceptionnel que donnent la plupart des dirigeants socialistes depuis quelques jours. Jusqu’où conduira l’affligeant match Royal-Aubry ? Nul ne sait à quelle profondeur. Et, pour tout dire, on a pas trop envie de l’imaginer. La faute à ce livre mal fagoté qui remue le couteau – le bazooka, diront certains – dans la plaie ? Cet ouvrage au titre racoleur, qui comporte pourtant nombre de passages plaisants (une fois passées les quelques pages consacrées aux ch’tites magouilles, qui auraient pu utilement se prolonger avec quelques épisodes méridionaux voire hauts-normands) aura été un déclencheur. Il révèle surtout l’extrême fragilité de cette créature à double face qu’est devenue le parti socialiste. Mort-vivant au plan national mais assez résistant sur le terrain de la politique locale si l’on en croit les résultats des élections partielles.

Il faut l’admettre; ces derniers jours, le PS a fait fort en nous gratifiant de quelques épisodes assez navrants. Un Conseil national morne où la rénovation est votée par 251 voix alors que les rangs étaient clairsemés. Un dirigeant murmure que pas plus de deux cents membres étaient présents et rappelle, mine de rien, que le vote par procuration n’est pas autorisé au PS. Ambiance… Dans la foulée, la première secrétaire annonce fièrement la création d’un fichier national des militants alors que celui-ci (le fichier Rosam) existe depuis 2005. Sauf pour la fédération du Pas-de-Calais qui continue de gérer tranquillement son propre fichier d’adhérents.

La veille, une ex-candidate s’était étranglée d’abomination en découvrant qu’elle avait été battue en novembre 2008 dans des conditions problématiques. Dans les jours suivants, Ségolène Royal met en scène une indignation qui semble intervenir en léger différé (il y a dix mois elle avait – avec un certain sang-froid, d’ailleurs – joué la carte de la raison de parti) tout en brandissant le spectre de la menace d’un recours en justice que chacun semble vouloir se fourguer comme une patate chaude. Ségolène est isolée au PS mais elle s’en fout royalement. Décidément, ce parti donne envie.

On peut aussi évoquer quelques épisodes qui prêtent à sourire. Ou pas. Comme cette idée géniale formulée mardi très officiellement par la garde rapprochée de Martine Aubry: organiser une rencontre entre les hiérarques socialistes et les deux auteurs du livre-sacrilège « devant leurs pairs ». Comme si les journalistes devaient se transformer en magistrats, de surcroît pour juger leurs confrères. Et quoi encore ? Autre exemple. Lundi, treize élus et secrétaires nationaux du PS s’autoproclamant « vigies de la rénovation » saluent fraternellement les « engagements clairs » de la première secrétaire et réclament pour les primaires un « calendrier permettent à tous les candidats qui le souhaitent d’y participer ». Késako ? Pour comprendre le message, il faut être coutumier des affaires socialistes. Branchons le décodeur: il s’agit au contraire de critiquer « les engagements clairs » de la première secrétaire et obtenir que le vote ait lieu le plus tard possible. Objectif: que Dominique Strauss-Kahn et Laurent Fabius (jamais nommés mais identifiés grâce à l’identité des signataires, pour ceux qui n’auraient pas compris la colossale finesse de la démarche) puissent se présenter dans les meilleures conditions. Mais pourquoi tant de contorsions, pourquoi cette grosse ficelle ? Pourquoi ne pas dire les choses ? Si vous posez la question, on va vous regarder avec des yeux carrés.
Les socialistes ne se parlent qu’entre eux. Et encore, en langage codé. Au moins, du temps du bon docteur Hollande, ils le faisaient parfois avec une certaine drôlerie. Aujourd’hui, le PS a même perdu le sens de l’humour. C’est dommage. Quitte à foncer dans le mur, autant le faire en klaxonnant.
Jean-Michel Normand
France Télécom, cul et chemise.
La gauche de Mandelieu la Napoule apporte tout son soutien aux salariés de France Télécom et sera avec eux dans la rue.
Achetez ce livre très intéressant
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