« J'ai beaucoup réfléchi, beaucoup consulté... »
Propos recueillis par Philippe Martinat - Le Parisien
Vous envisagez désormais de prendre les rênes du PS, mais ne vous en êtes-vous pas tenue trop éloignée depuis
l'élection présidentielle ?
Ségolène Royal. Je ne le crois pas. J'ai
profité de ces quelques mois pour lire, écrire le bilan auquel je m'étais engagée*, travailler sur le fond et accepter des invitations politiques à l'étranger. Et à chaque fois avec des élus et
des responsables socialistes ! Et consacrer du temps à mes enfants et à mes amis. Cette respiration était nécessaire. Du coup, cela a créé une interrogation sur mes projets. Certains m'ont crue
anéantie. Eh bien non ! J'ai beaucoup réfléchi, beaucoup consulté, et j'ai entendu tous ceux qui me demandaient si j'allais les laisser tomber. Je pense notamment aux jeunes des quartiers, mais
pas seulement, qui attendent tellement que la politique change, et à d'autres qui ont cru à certains slogans et qui aujourd'hui se sentent trahis et nargués.
Vous pensez que les courants, dans l'opinion comme au PS, vous sont encore porteurs
?
Dans de multiples signes quotidiens, je peux vous dire que le lien avec les Français est resté intact. A chaque fois, j'en éprouve la même émotion. Tant de gentillesse, de générosité, d'attente !
Les millions de voix qui se sont portées sur mon nom au second tour de la présidentielle me donnent surtout des devoirs et une incontestable expérience. Personne ne peut contester qu'il y a un
potentiel à mettre au service du PS et de la préparation de l'alternative. Je suis très heureuse de voir que beaucoup des idées que j'ai portées durant la campagne sont aujourd'hui largement
reprises, notamment dans le cadre des forums du PS. Nicolas Sarkozy continue de piller les propositions qu'il combattait il y a encore six mois, je pense à la réforme de l'indice des prix. Il
vient même de reconnaître qu'on ne peut réformer un pays sans dialogue social, quelle découverte ! Mais que de temps perdu et de dégâts en sept mois ! Il a aussi dérobé à Edgar Morin le concept
de « politique de civilisation », alors que sa méthode est aux antipodes de cette humanisation des politiques publiques.
Certains vous reprochent de lancer une offensive pour prendre le contrôle du parti alors
que démarre la campagne des municipales...
Je m'intéresse à l'avenir du PS, je travaille et j'irai jusqu'au bout de ce travail en équipe. Ne nous trompons pas. Ce sont les polémiques entre socialistes qui nuiraient à la dynamique de la
campagne municipale. Et je mets en garde ceux qui s'amuseraient, une fois de plus, à se tirer une balle dans le pied. Car, voyez-vous, c'est le mouvement qui fera gagner des mairies
supplémentaires. J'ai fait bouger les lignes durant la campagne. Le travail politique doit d'abord se faire sur les idées. La question du leadership et de ma responsabilité se posera à ce
moment-là, et à ce moment-là seulement.
Ecartez-vous l'hypothèse de vous rallier à un premier secrétaire autre que vous-même
?
La question n'est pas d'actualité. Cela ne vous empêche pas de pousser les feux du débat interne... Tant mieux s'il y a du débat ! Pour moi, la politique, c'est faire mouvement d'entraîner, de
donner envie.
Quand souhaitez-vous que le congrès ait lieu ?
Ce qui compte, c'est le contenu. Et il faut que les socialistes soient fraternels les uns avec les autres quelle que soit la densité des débats, qui doivent être utiles à la France.
Quel est votre programme immédiat ?
Retravailler avec tous les socialistes, y compris ceux qui hier n'ont pas été à mes côtés, pour rassembler, réunir, consulter, discuter, proposer. Stimuler les forums participatifs dans le cadre
des municipales. M'impliquer pleinement aux côtés des candidats aux municipales et cantonales qui me le demandent. Poursuivre le travail de réflexion en profondeur pour le mettre demain au
service des Français, pour le traduire en action et en résultat. Et participer, le 20 janvier, au forum sur la rénovation du PS qui se tiendra à la Mutualité, à Paris.
* « Ma plus belle histoire c'est vous », Editions Grasset.
Hier, Ségolène Royal est venue apporter son soutien à José Bové. L'altermondialiste a entamé une grève de la faim pour obtenir l'activation par le gouvernement de la clause de sauvegarde à Bruxelles, qui permettrait d'interdire la culture du maïs OGM en France. « Je respecte et je salue ce courage politique », a lancé Ségolène Royal à Bové, installé dans un bâtiment occupé par l'association Droit au logement avec une quinzaine d'autres militants, rue de la Banque (Paris II e ). Elle a également salué « sa posture morale ».
Loyers bradés pour sénateurs
En pleine polémique sur l'occupation des logements HLM, les sénateurs ont reçu le 17 décembre un fax leur proposant un appartement de l'OPAC à un prix très attractif.
Le 17 décembre 2007, au moment même où l'affaire de l'appartement du directeur de cabinet de
Christine Boutin défraie la chronique, les présidents de groupe du Sénat reçoivent un fax de leur direction du budget. Cette note,
indique "qu'un appartement ILN (immeuble à loyer normal, ndlr) attribué au Sénat par l'Office Public d'Aménagement et de Construction de Paris (OPAC), est libre actuellement". Il s'agit d'un deux
pièces-cuisine de 52 m² situé boulevard Auguste Blanqui dans le 13e arrondissement de Paris et loué 707,18 euros par mois.
On est certes loin des 190 mètres carrés de l'appartement du directeur de cabinet de la ministre du logement dans le très chic 5e arrondissement de Paris. Cependant, le loyer semble en dessous du
prix du marché. Il est loué pour 13,60 euros du mètre carré contre, selon le site du PAP, une moyenne de 25 euros pour cet arrondissement avec un plus bas à 18 euros du m². Plusieurs sites
d'agences immobilières louent des produits similaires en moyenne 300 euros plus cher.
Le document du Sénat invite les présidents de chaque groupe politique à faire circuler la note à
tous les sénateurs qui devront, s'ils sont intéressés, se faire connaître auprès de la direction du budget du Sénat avant le samedi 19 janvier. "Il n'y vraiment pas de quoi fouetter un chat",
estime une source proche du dossier au Sénat qui a requis l'anonymat. "En raison d'une participation à des investissements et d'une convention conclue en 1952", indique une note du Sénat diffusée
ce jeudi à la suite de questions de journalistes semble-t-il un peu trop curieux, "l'Opac de Paris avait attribué au Sénat, 28 logements HLM et 9 logements dits 'immeubles à loyers normaux'
(ILN)". Mais en 2006, les 28 logements HLM ont été remplacés par des ILN, en raison de l'incompatibilité des ressources des sénateurs avec ce type de logement. Les Sénateurs auraient-ils eu
mauvaise conscience ?
A ce jour, l'institution dispose de 36 appartements parisiens et ce, jusqu'en 2017. Toutefois, sur ces 36 logements, seuls 7 sont occupés : 4 par des sénateurs -dont la majorité d'origine
d'Outre-Mer, précise le Sénat - et 3 par des fonctionnaires (2 secrétaires et un agent de lingerie). Car, si aucun sénateur ne se manifeste lorsqu'un appartement se libère, ce dernier est proposé
aux fonctionnaires du Sénat. Mais pas aux assistants parlementaires. "Tous les appartements occupés se situent dans le 13e arrondissement
et sont de petites surfaces, donc rien à voir avec le standing des logements de fonctions des conseillers d'Etat dans un immeuble du 6e
arrondissement", se défend cette même source. Quant au montant des loyers inférieur à celui du marché, "c'est vrai mais c'est le cas pour tous les appartements ILN de l'Opac, pas seulement pour
les sénateurs", poursuit-elle.
Ces élus bénéficient d'une indemnité de résidence de 162 euros par mois intégrée à leurs 6110 euros d'indemnités parlementaires. S'ils souhaitent acheter un appartement, ils peuvent également
obtenir un prêt au logement pour un taux moyen de 2% sur un montant plafonné à 75.000 euros, selon les informations du site du Sénat. "Mais vous savez, ces offres d'appartements de l'Opac
intéressent peu de personnes en réalité". Sur les 36 appartements, les 29 qui sont non occupés auraient été remis à la libre disposition de l'OPAC.
Contacté jeudi , un président de groupe du Sénat affirmait ne pas avoir pris connaissance de cette note avant de partir en vacances et n'avoir jamais entendu parler de ces logements. "Quand je
suis à Paris, je dors dans mon bureau au Sénat", assure-t-il. Le service de presse de l'OPAC de Paris était quant à lui injoignable en cette période de trêve hivernale. Selon nos informations,
aucun candidat ne se serait montré intéressé à ce jour par l'appartement du boulevard Blanqui.
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Cette initiative, annoncée
par Patrick Devedjian lors des journées parlementaires de l’UMP début octobre, vise à «suivre les promesses qui ont été faites durant la campagne électorale» et leur mise en œuvre. Concrètement,
chacun des 15 grands engagements du programme de Nicolas Sarkozy se voit attribuer par l’UMP un «indicateur d’avancement», dont le parti de la majorité prend garde de préciser dans la «charte»
expliquant le tableau qu’il est «subjectif, fixé par l’UMP en tant que garante des engagements pris». Cet indicateur est gradué de 1 à 3, en fonction de la mise en œuvre de chacune des réformes
qu’il prévoit.
étudiants de Rennes 2 ont voté le blocage de leur établissement. A Tours, ce matin, des chaises et des tables interdisaient l'accès aux
salles de cours de la Faculté de Lettres des Tanneurs. Une scène similaire a accueilli les étudiants de la faculté de Perpignan et de l'université Toulouse-Le Mirail dont le blocage avait été
voté mardi dernier. Cela porte à sept le nombre d’établissements paralysés. Depuis le 30 octobre, les départements de lettres et de psycho-socio de l’université Rouen sont fermés. Depuis hier le
site de Tolbiac (Paris I) est fermé administrativement après que 200 étudiants ont occupé ses locaux.
En déplacement au Guilvinec (Finistère), mardi matin, pour
rencontrer les marins-pêcheurs, Nicolas Sarkozy en a en effet profité pour manifester une nouvelle fois son implication dans l'affaire de l'Arche de Zoé.
Présent à la réunion du
groupe UMP, François Fillon a exhorté, mardi 6 novembre, les députés à "une très grande solidarité" avec le gouvernement et les a prévenus qu'ils allaient devoir "attacher leurs ceintures" face
aux turbulences sociales de novembre. Face aux mouvements sociaux qui se profilent ce mois-ci, notamment contre la réforme des régimes spéciaux de retraite, "il va falloir attacher la ceinture",
a lancé le Premier ministre aux députés UMP, en soulignant que "le mois de novembre n'est jamais un mois facile".
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