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Et si demain c'etait NOUS
Cristina Fernández de
Kirchner a revendiqué la victoire à l'élection présidentielle en Argentine dimanche 28 octobre, les résultats officiels et plusieurs sondages sortie des urnes la donnant gagnante dès le premier
tour. Agée de 54 ans, elle succédera à son époux Néstor Kirchner pour quatre ans, devenant la première femme élue à cette fonction dans ce pays.
"Nous avons gagné avec une marge confortable, la plus importante depuis l'avènement de la démocratie (en 1983)", a lancé la "Primera dama" à ses partisans réunis dans un hôtel de Buenos Aires.
"Nous savons qu'il est nécessaire d'approfondir les changements et que pour cela, il nous faudra réunir le plus grand nombre d'Argentins", a-t-elle poursuivi dans un discours appelant à l'union
de tous, "sans rancœur et sans haine".
Après dépouillement , la sénatrice de centre gauche est créditée
d'un score de 44% des voix. Elle devance largement l'ancienne parlementaire Elisa Carrio (21,73%). Selon la loi argentine, est élu dès le premier tour un candidat ayant réuni plus de 45% des
suffrages exprimés ou 40% avec une avance de plus de dix points sur son premier rival.
Roberto Lavagna, ancien ministre de l'Economie arrivé troisième, a rapidement reconnu la victoire de Fernandez.
Dans un communiqué de presse diffusé dans la nuit, Elisa Carrio reconnaît elle aussi l'issue des urnes: "Nous croyons que la tendance confirme que Cristina Kirchner est élue présidente de la
république d'Argentine, et nous la félicitons pour sa victoire", écrit-elle.
Des applaudissements et des cris de joie ont éclaté dès la publication des
sondages sortie des urnes au QG de Fernandez de Kirchner, où les partisans de la favorite du scrutin s'étaient rassemblés en masse pour célébrer cette rarissime transition démocratique entre deux
conjoints.
"C'est vraiment spectaculaire parce que pour la première fois de notre histoire une femme est élue par le peuple", se réjouit Aida Molinari, 47 ans.
Derrière elle, des sympathisants brandissent des pingouins gonflables, symbole des époux Kirchner qui ont bâti leurs carrières politiques dans les terres australes de Patagonie. "Alerta, alerta,
Cristina presidenta" (Attention, attention, Cristina est présidente), scandent-ils.
Cristina Fernandez a mené campagne sur le bilan de son mari, au
pouvoir depuis 2003. Pour de nombreux Argentins, Nestor Kirchner a sorti le pays de la débâcle financière des années 2001/02, qui avait vu le PIB fondre de près de 11%.
Pour la cinquième année consécutive, l'économie va croître à un taux de 8 à 9%, le chômage est retombé à son plus bas niveau en dix ans et la pauvreté a reculé, même si un quart environ des 40
millions d'Argentins sont toujours sous le seuil de pauvreté.
Principale conseillère de Kirchner pendant ses quatre années de présidence, la sénatrice s'est glissée sans difficulté dans la campagne.
Désignée sans primaires, évitant au maximum les médias, la candidate péroniste n'a nullement souffert des accusations sur la mise à sa disposition des moyens de l'Etat.
Les dénonciations d'une dérive autoritaro-dynastique - les époux Kirchner rechercheraient une alternance inédite à la Casa Rosada (un mandat pour lui, un mandat pour elle, un mandat pour lui,
etc.) - n'ont pas pris davantage.
Car le noyau dur de son électorat se recrute parmi les pauvres et la classe ouvrière, qui considèrent que leurs vies se sont améliorées sous Kirchner et qui voient en elle la garantie d'une
poursuite du rebond économique.
"Elle poursuivra la politique de son mari, qui a tant fait pour les pauvres, en construisant des logements par exemple", lançait dimanche soir Ramon Reggie Quiroga, chauffeur de métier, au siège
de campagne de la candidate.
La deuxième femme élue à la tête d'un pays d'Amérique latine en deux ans, après l'élection en 2006 de Michelle Bachelet au Chili, va devoir s'atteler sans attendre à des dossiers chauds, à
commencer par de possibles pénuries d'énergie dans un pays où les infrastructures ont du mal à suivre la croissance économique et l'inflation élevée, le principal problème de la troisième
économie latino-américaine.
Réaction de Ségolène Royal
Je suis
heureuse de vivre en direct et de saluer la victoire de Cristina Kirchner dès le premier tour de cette élection présidentielle qui marque, je le crois, une date historique dans ce grand pays qu’est
l’Argentine, cher au coeur de beaucoup de Français.
laboratoires de notre modernité.
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