Mardi 30 octobre 2007 2 30 /10 /2007 11:13

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Mardi 30 octobre 2007

Cristina Kirchner élue Présidente de l'Argentine

Elle devient la première femme élue à la présidence du pays. Selon les résultats, elle obtient plus de 44% des voix dès le 1er tour.

08-copie-1.jpgCristina Fernández de Kirchner a revendiqué la victoire à l'élection présidentielle en Argentine dimanche 28 octobre, les résultats officiels et plusieurs sondages sortie des urnes la donnant gagnante dès le premier tour. Agée de 54 ans, elle succédera à son époux Néstor Kirchner pour quatre ans, devenant la première femme élue à cette fonction dans ce pays.
"Nous avons gagné avec une marge confortable, la plus importante depuis l'avènement de la démocratie (en 1983)", a lancé la "Primera dama" à ses partisans réunis dans un hôtel de Buenos Aires. "Nous savons qu'il est nécessaire d'approfondir les changements et que pour cela, il nous faudra réunir le plus grand nombre d'Argentins", a-t-elle poursuivi dans un discours appelant à l'union de tous, "sans rancœur et sans haine".

012-copie-9.jpgAprès dépouillement , la sénatrice de centre gauche est créditée d'un score de 44% des voix. Elle devance largement l'ancienne parlementaire Elisa Carrio (21,73%). Selon la loi argentine, est élu dès le premier tour un candidat ayant réuni plus de 45% des suffrages exprimés ou 40% avec une avance de plus de dix points sur son premier rival.
Roberto Lavagna, ancien ministre de l'Economie arrivé troisième, a rapidement reconnu la victoire de Fernandez.
Dans un communiqué de presse diffusé dans la nuit, Elisa Carrio reconnaît elle aussi l'issue des urnes: "Nous croyons que la tendance confirme que Cristina Kirchner est élue présidente de la république d'Argentine, et nous la félicitons pour sa victoire", écrit-elle.

023.jpgDes applaudissements et des cris de joie ont éclaté dès la publication des sondages sortie des urnes au QG de Fernandez de Kirchner, où les partisans de la favorite du scrutin s'étaient rassemblés en masse pour célébrer cette rarissime transition démocratique entre deux conjoints.
"C'est vraiment spectaculaire parce que pour la première fois de notre histoire une femme est élue par le peuple", se réjouit Aida Molinari, 47 ans.
Derrière elle, des sympathisants brandissent des pingouins gonflables, symbole des époux Kirchner qui ont bâti leurs carrières politiques dans les terres australes de Patagonie. "Alerta, alerta, Cristina presidenta" (Attention, attention, Cristina est présidente), scandent-ils.

013-copie-7.jpgCristina Fernandez a mené campagne sur le bilan de son mari, au pouvoir depuis 2003. Pour de nombreux Argentins, Nestor Kirchner a sorti le pays de la débâcle financière des années 2001/02, qui avait vu le PIB fondre de près de 11%.
Pour la cinquième année consécutive, l'économie va croître à un taux de 8 à 9%, le chômage est retombé à son plus bas niveau en dix ans et la pauvreté a reculé, même si un quart environ des 40 millions d'Argentins sont toujours sous le seuil de pauvreté.
Principale conseillère de Kirchner pendant ses quatre années de présidence, la sénatrice s'est glissée sans difficulté dans la campagne.
Désignée sans primaires, évitant au maximum les médias, la candidate péroniste n'a nullement souffert des accusations sur la mise à sa disposition des moyens de l'Etat.

Les dénonciations d'une dérive autoritaro-dynastique - les époux Kirchner rechercheraient une alternance inédite à la Casa Rosada (un mandat pour lui, un mandat pour elle, un mandat pour lui, etc.) - n'ont pas pris davantage.
Car le noyau dur de son électorat se recrute parmi les pauvres et la classe ouvrière, qui considèrent que leurs vies se sont améliorées sous Kirchner et qui voient en elle la garantie d'une poursuite du rebond économique.
"Elle poursuivra la politique de son mari, qui a tant fait pour les pauvres, en construisant des logements par exemple", lançait dimanche soir Ramon Reggie Quiroga, chauffeur de métier, au siège de campagne de la candidate.
La deuxième femme élue à la tête d'un pays d'Amérique latine en deux ans, après l'élection en 2006 de Michelle Bachelet au Chili, va devoir s'atteler sans attendre à des dossiers chauds, à commencer par de possibles pénuries d'énergie dans un pays où les infrastructures ont du mal à suivre la croissance économique et l'inflation élevée, le principal problème de la troisième économie latino-américaine.

 

Victoire de Cristina Kirchner en Argentine

Réaction de Ségolène Royal

1303992370-small.jpgJe suis heureuse de vivre en direct et de saluer la victoire de Cristina Kirchner dès le premier tour de cette élection présidentielle qui marque, je le crois, une date historique dans ce grand pays qu’est l’Argentine, cher au coeur de beaucoup de Français.

Une femme volontaire, déterminée, y est aujourd’hui élue à la magistrature suprême. Je salue son
courage car je sais combien, sous toutes les latitudes, c’est toujours plus dur pour les femmes. Elles sont, dans le monde, encore très peu nombreuses à exercer des fonctions de premier plan.


Les électeurs argentins, en accordant leur confiance à celle que tous, ici, appellent Cristina, confirment que leur pays est un des 1353730965-segolene-royal-salue-la-modernite-de-l-argentine.jpglaboratoires de notre modernité.

Un pays qui a su reprendre ses affaires en main alors que les dogmes néo-libéraux lui avaient fait tant de mal.

Un pays qui a su retrouver par lui-même le chemin de la croissance, et qui saura, s’il le veut, en partager équitablement les fruits.

Un pays qui, en élisant une femme, donne au monde une belle leçon d’égalité.

Michelle au Chili, Cristina en Argentine: après l’épreuve des dictatures et la consolidation de la démocratie, voici venu le temps d’un partage plus égal des responsabilités gouvernementales entre les hommes et les femmes.

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En politique intérieure, elle a acquis le surnom de « rebelle ». Sénateur péroniste élue en 1995, elle ose s'opposer à Carlos Menen, alors président, en demandant la démission du ministre de la Défense ! Elle voulait le sanctionner pour un scandale de ventes d'armes à l'Équateur. Peu habitués à être bousculés, les péronistes l'exclurent de leur groupe parlementaire.


 Par ses prises de position tranchées, Cristina Kirchner a acquis une crédibilité politique. Longtemps, elle a été plus connue que son époux. Friands d'histoires drôles, qui parfois en disent plus sur la réalité que des discours convenus, les Argentins racontent que Hillary Clinton apostropha un jour Cristina Kirchner : « Alors, grâce à ton mari, tu vas devenir présidente ? - C'est le contraire, répond l'Argentine, si lui est président, c'est grâce à moi ! » Pendant la campagne, elle a beaucoup voyagé pour renforcer sa dimension internationale, allant même jusqu'à recevoir, jeudi dernier à Buenos Aires, la perdante de l'élection présidentielle française, Ségolène Royal.

Publié dans : section-ps-mandelieu
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